Rencontre baresque #1 : Joris au Baron Samedi

J’ai rencontré Joris il y a peu, lors d’une sorte de concours de circonstances, de ces hasards qui nous font réaliser que le monde n’est finalement pas si grand. Une histoire de théorie des six poignées de main, un truc comme ça. Joris est un fan d’improvisation, un professionnel de l’écriture. Vendredi soir, il était aussi un cobaye pour cette rencontre baresque, première d’une série qui sera, je l’espère, longue. Je lui avais expliqué rapidement le principe, qui je dois l’avouer, reste à peaufiner, mais en gros, le choix du bar lui était réservé, la discussion, elle, serait libre.

Rendez-vous était donné au Baron Samedi, 12 rue des Goncourt, dans le onzième. Le choix de Joris est simple, et pragmatique : il aime ce lieu, juste à côté de chez lui. C’est vrai, le Baron Samedi est un bar sympa. Pas prise de tête, éclectique, pas cher. Je commande une bière et on me propose le verre de cacahuètes, tradition si tristement désuète dans tant d’endroits parisiens. A son arrivée, on s’installe à une table réservée mais pas encore envahie (avec autorisation préalable bien sûr), sentant malgré tout se rapprocher l’heure fatidique où il faudra trouver un autre coin du bar où poser nos fesses. C’était sans compter sur l’aide du serveur qui nous indique gentiment un espace venant de se libérer. Joris me parle alors d’une amie qui à une époque venait tous les jours mais qui aurait réduit le rythme de ses visites. Il croisera pourtant la demoiselle, qui a visiblement replongé. Ce que je comprends, car le Baron Samedi a fait partie d’un de mes grands chelems… Sans commentaires. Mais une valeur sûre.

Revenons à Joris. Born and raised in Paris, comme ils disent là-bas, il fait donc partie de cette espèce en voie de disparition : le vrai parisien. Adepte de la méthode de la brebis égarée dans les bars, il ne croit pas que les parisiens sont distants et inaccessibles. J’acquiesce. Un sourire ne rebute jamais un parisien. Il souligne toutefois qu’être blonde arrange un peu les choses. Pas faux. Je lui demande de me parler de ses expériences dans les bars de la capitale. Il finira par surtout me parler de restos, qu’il affectionne beaucoup plus.

Joris a longtemps vécu vers Strasbourg Saint-Denis, à l’époque où Jeannette et compagnie étaient encore de vieux rades peuplés d’habitués. Il ne traîne pas trop dans les bars, et ne sait finalement pas trop quoi penser des fermetures administratives dues aux plaintes de riverains. Il a rencontré les pierrots de la nuit et a trouvé l’initiative intéressante. Quand il s’agit d’aller boire un pinte, il fuit les lieux à succès et bondés, indissociables des gros bras à l’entrée et de la population de pubards hipsters. Il avoue néanmoins proposer des rendez-vous professionnels au Floréal, tout proche du Baron Samedi. Parce que quand même, les endroits sont chouettes. Et parce qu’il fait partie de ces veinards qui font des réunions de travail dans les bars.

Joris est scénariste. Dernier succès en date : Ce n’est pas un film de cow-boys, Queer Palm du court métrage au Festival de Cannes 2012 (mais pas que), aux côtés du magnifique Laurence Anyways de Xavier Dolan pour le long métrage. Joris a écrit le scénario en collaboration avec Benjamin Parent, réalisateur du film, traitant d’un sujet au cœur de l’actualité. Joris m’avouera d’ailleurs lorgner à présent sur la réalisation d’un court-métrage plus sombre dont il a, là encore, écrit le scenario. Avec une autre compère cette fois. Affaire à suivre.

Autre projet également co-écrit avec Benjamin Parent et réalisé par ce dernier, la web série PuceauX. Diffusée via le site onsexprime.fr, plateforme de l’INPES destinée aux ados et dont le but est de parler de sexualité, PuceauX est basée sur des épisodes courts traitant avec humour certaines des questions que peuvent se poser les (plus) jeunes (que nous) sur le sexe.

Quand je note les nombreuses adresses fétiches qu’il m’évoque, que j’imagine ses heures d’écriture, j’émets peu de doutes quant au fait de pouvoir le qualifier d’hyperactif. A ses heures perdues, alors qu’il pourrait faire la sieste, il improvise. Avec sa troupe du Komptoir de l’Impro, ils sillonnent bars et petits théâtres pour battles et spectacles divers. Leur QG : le Tremplin Théâtre, rue des Trois Frères, à un pas de la Famille et du Tagada Bar (pratique). Ils y jouent actuellement Serpents et échelles, un cabaret d’improvisation où le public a son mot à dire et Le K, basé sur le principe d’un réseau social d’un nouveau genre… Pour le reste, je te laisse découvrir.

Komptoir de l improEn bref, pour te plonger dans l’univers de Joris, note impérativement les deux dates qui suivent dans ton agenda. C’est cette semaine! Au programme, mercredi 19 décembre à 20h30, la petite troupe joue Le K au Tremplin Théâtre. Douze euros pour rigoler, franchement. Toutes les infos en cliquant ICI et sur Billetreduc. Et pour fêter les vacances, vendredi 21 décembre, des projections de courts métrages, dont « les cow-boys » comme l’appellent affectueusement leurs auteurs, auront lieu dans toute la France.

Pour conclure, tu l’auras compris, Joris n’a pas vraiment de QG, mais en bon parisien qui se respecte, il est intarissable sur le sujet des endroits à tester dans sa ville. Voici donc les quelques adresses dont on a parlé, sans qu’elles entrent pour autant dans un classement. Je testerai celles que je ne connais pas, car le garçon les a vraiment bien vendues. Je te conseille d’en faire autant.

********** Le carnet d’adresses parisiennes de Joris **********

* La Pulperia. 11 rue Richard Lenoir, 75011 Paris. Argentin.
* Soya. 20 rue de la Pierre Levée, 75011 Paris. Végétarien. Délicieux, même si tu kiffes la viande.
* La Pharmacie. 22 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. Lieu calme et chaleureux. Bons vins. Brunch au bon rapport qualité/prix (2à euros).
* L’Ardoise Gourmande. 12 rue de Belzunce, 75010 Paris.
* La Tavola Calda. 39 rue des Bourdonnais, 75001 Paris.
* Samsar. 33 rue des Bourdonnais, 75001 Paris. Indien.
* La Caravane. 35 rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris.
* L’Art Brut. 78 Rue Quincampoix, 75003 Paris.
* Le Quincampe. 78 Rue Quincampoix, 75003 Paris. Salon de thé. Aller au fond, pour la grande salle et sa cheminée.
* La Péniche Antipode. Face au 55 quai de la Seine, 75019 Paris. Pour ses spectacles, y compris d’impro.
* Bar Ourcq. 68 Quai de la Loire, 75019 Paris. Un classique.
* La Cantine de Belleville. 108 boulevard de Belleville, 75020 Paris. Si tu es dans le coin, qu’il est plus de 22h30, et que tu as faim. Grande terrasse, enfumée certes, mais grande terrasse quand même.
* Café Le Look. 17 rue Martel, 75010 Paris.

Baron Samedi. J’évoque ici l’ancienne adresse (12 rue des Goncourt, 75011 Paris).
Nouvelle adresse : 9 rue Greneta, 75003 Paris. Métro Réaumur-Sébastopol.

Ouvert du mardi au samedi de 18h00 à 2h00. Happy hours de 18h00 à 20h00.

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