Freegan Pony : la cantine insolite zéro gâchis (et « maxi love ») nichée sous le périph’

Au Freegan Pony, le principe est simple. Encore fallait-il l’adopter et le mettre en application. C’est ce qu’ont fait Aladdin Charni et sa joyeuse bande. Chaque jour, ils récupèrent des fruits et légumes invendus, du marché de Rungis notamment, et concoctent un menu unique du jeudi au lundi soir, dans cet immense entrepôt du 19ème niché sous le périphérique. A deux pas du Glazart, l’endroit est repérable à sa grande porte sur laquelle un canasson bouscule de ses pattes arrière une poubelle. Le but : sensibiliser le public au gaspillage alimentaire, pas nécessairement de faire de l’argent. C’est pourquoi on te laisse choisir le montant de ton addition. Malin. Et sympa.

Mais le Freegan Pony est avant tout un lieu d’échanges et de rencontres, mêlant des publics variés. Régulièrement, des événements sont au programme. Ce soir-là, Starting Block est à l’œuvre et anime un atelier pour le moins original. Cette association, qui mène des actions d’Education à la Citoyenneté et à la Solidarité (ECS) et de sensibilisation au handicap, nous propose de dîner à l’aveugle. Nous nous attablons donc avec des inconnus, qui comme nous ont les yeux bandés, ainsi qu’avec l’adorable Binta, qui a perdu l’usage de la vue récemment. Ensemble, on discute tout en tentant de deviner les ingrédients composant nos assiettes, souvent maladroitement. On essaie aussi d’imaginer l’espace qui nous entoure, puisque nous avons été conduits à notre table les yeux déjà recouverts d’un bandeau. Durant cette expérience, nos palais s’avèrent à notre grande surprise globalement efficaces (bon, ok, on a zappé la spiruline) : tagliatelles de concombre à la sauce tomate crue, salade de lentilles au citron et au gingembre, patates au persil, à l’ail et à la spiruline, curry d’aubergine, et pour finir, crumble de banane à l’orange et melon d’eau à la menthe aux pépites de cacao cru. Pas mal du tout.

Après le repas, nous retirons nos bandeaux et découvrons qu’au Freegan Pony, il n’y a pas que dans les assiettes que l’on pratique la politique de la récup’. En effet, tout ce qui entoure les clients qui se sont « aventurés » jusque là fut glané notamment chez ce cher Emmaüs. La lumière est tamisée, seules quelques bougies et petites lampes sont disséminées dans cette grande salle du fond de laquelle émane du bon son. Des chefs se relaient en cuisine, ou plutôt de l’autre côté du bar, sur des plans de travail aménagés à base de palettes de bois. Leur challenge donc, concocter de bons petits plats végétariens à base de produits parfois un peu abîmés (mais toujours aussi bons) dans un environnement bien différent de celui auquel ils sont habitués.

Le local, qui appartient à la Mairie de Paris, est squatté, il fait par conséquent l’objet d’une procédure d’expulsion. Impossible de savoir réellement combien de temps le chouette Freegan Pony continuera à occuper les lieux. Alors, si tu veux découvrir un endroit alternatif et totalement atypique, cours-y vite! Deux derniers conseils, pense à réserver via la page Facebook pour être assuré(e) de pouvoir y dîner, et emmène ta petite laine, car le lieu est grand, bétonné et non chauffé.

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Freegan Pony. Place Auguste Baron, 75019 Paris.
Métro Porte de la Villette.
Ouvert du vendredi au lundi à partir de 19h00.
Verres de vin à 3 euros, pintes de bière à 5 euros. Pour le reste, à toi de décider du prix!

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